Ce film américain de Sydney Lumet, intitulé « 12 hommes en colère » laisse à mesurer comment il est difficile de rendre justice, combien l’erreur humaine est facile. A travers les délibérations, le film montre comment des hommes aux personnalités variées, aux préjugés différents ont du mal à s’accorder pour prendre une décision si difficile. Ces hommes chargés de juger de la culpabilité ou non vont-ils réussir à s’écouter, s’interpeller, se respecter, même au cœur de grandes tensions et d’oppositions ?
Ce film ne peut laisser indifférent, il s’agit de la vie d’un jeune homme. Les débats sont d’une grande vérité, explorent tous les détails qui peuvent donner un nouvel éclairage.
Comme il est facile de se forger une opinion en fonction de ses préjugés ! Le philosophe Perelman écrit : « La notion de justice est une des plus prestigieuses et aussi une des plus confuses de notre univers spirituel. Elle est une valeur universelle ». Et il ajoute : « On peut tous concevoir la justice, mais la concevoir autrement, adaptant cette fonction à nos propres besoins » (Ch. Perelman, philosophe et théoricien belge).
Effectivement, au bout de longues heures de débat houleux, tous les jurés ont pu se mettre d’accord pour se prononcer sur la non-culpabilité du jeune homme accusé, alors qu’en première instance un seul exprimait son doute. Il a fallu à celui-ci du courage pour tenir dans son vote, mais sa persévérance a influé sur les onze qui avaient tous voté coupable en première position.
On ne nous dit pas si ces hommes ont des valeurs religieuses ou simplement morales, mais ils ont su se laisser interpeller jusqu’à remettre en cause profondément leur propre jugement.
La congrégation des sœurs du Christ Rédempteur allie Justice et Miséricorde, une justice exercée avec un regard aimant, celui d’un Père miséricordieux, ça change tout.
Dans ce film, un des jurés invite à regarder l’enfance douloureuse de ce jeune et progressivement il amène d’autres membres à porter un autre regard et à réviser leur position condamnatrice. Le regard bienveillant rend plus juste le jugement. Toute la beauté de ce film se lit à travers cette capacité à changer de regard pour accepter une totale conversion qui amène à ne pas laisser condamner à une mort violente un jeune présumé innocent.
