Un homme est accidenté au bord du chemin. Il est seul ; personne ne semble l’avoir vu. Un prêtre passe : obnubilé par son homélie, il n’a rien vu. Un homme d’affaires, attendu pour un rendez-vous, regarde sa montre : « Oh ! je serai en retard ! ». Alors, vite et droit devant, il accélère. Un catéchiste n’a pas eu le temps de préparer sa rencontre, il doit jeter un coup d’œil avant l’arrivée des enfants : c’est l’excuse pour ne pas s’arrêter : « Ah ce sera pour un autre fois ! ».
Et voilà qu’un homme de la région voisine passe à son tour et voit le blessé : « Oh, ce n’est pas possible d’abandonner un homme dans une telle situation. Son pronostic vital est peut-être enclenché, mes clients attendront que j’ouvre mon magasin ; je ne sais s’il a sa carte vitale, mais je paierai tout ce qu’il faut. Voilà déjà un acompte… ».
Étranger à la religion, il en est pourtant le meilleur pratiquant.
Seigneur, qu’aucune excuse ne nous empêche de porter secours à celui qui en a besoin, qui que ce soit et quelles que soient nos obligations du présent, même si c’est l’heure des vêpres !