Naître et renaître : Résurrection

Le temps pascal commence avec les femmes, comme pour une naissance. Vie nouvelle !

Les 4 évangélistes sont d’accord sur un point : la Résurrection de Jésus a été d’abord annoncée aux femmes et elles ont reçu la mission de l’annoncer aux douze.

Matthieu, en 28, 1-10, nous relate la double apparition aux femmes : d’abord celle de l’Ange, puis celle de Jésus.

Le premier jour de la semaine, à la pointe du jour, Marie de Magdala et l’autre Marie sont surprises par un événement sans précédent : un ange dont l’aspect tient à la fois de la fulgurance de l’éclair et de la blancheur de la neige vient s’asseoir sur la pierre du sépulcre. Événement précédé d’un grand tremblement de terre. La mort change de camp et paralyse les gardes.

L’Ange prend la parole : il exorcise la crainte des femmes : « Ne craignez point, vous » - par opposition aux gardes. Pas de méprise sur leur démarche : elles cherchent Jésus, le Crucifié. Il les fait revisiter leur mémoire : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit ! »
Puis les verbes d’action s’enchaînent : Venez voir, allez vite dire à ses disciples, quittant le tombeau elles coururent porter la nouvelle…
Il y a urgence : ne pas laisser les disciples s’enfoncer dans le désespoir : Portes fermées par crainte des juifs, « Nous espérions mais… ». Les femmes feront se rouvrir les portes et retrouver l’espoir. C’est l’émotion, la joie, la promptitude à se mettre en route. Le message a bien été reçu.

Alors pourquoi l’apparition du Ressuscité ? En vérité, Jésus leur manifeste son amour, sa tendresse, sa reconnaissance aussi. Gratuité de cette apparition ! « Je vous salue » leur dit-il ! Salutation empreinte de solennité à laquelle les femmes répondent par un geste d’élan respectueux.
Jésus chasse les derniers soupçons de crainte et réitère le message pour ses frères : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront ».

La Galilée : le lieu de l’appel des commencements, des enseignements, des épreuves et des hésitations. Lieu d’affermissement de la foi en ce maître si attachant et si déroutant, avec des incompréhensions. Il s’agit de revisiter la mémoire pour un nouveau départ. Naître et renaître !

Le tombeau vide ne provoque pas la foi de ces femmes, mais leur est donnée une parole qui les remplit de joie et de paix. Et par cette parole, Jésus les fait “ambassadrices”, messagères d’un Évangile qui, de proche en proche, gagnera tout l’univers : « Il est ressuscité ! ».

Sr Bernadette D., SCR, Fougères

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