L’évangile du dimanche 23 Juillet intercale 2 petites paraboles entre la parabole de l’ivraie et son explication : celles du Grain de Sénevé (Mt 13,31.32) et du Levain (Mt 13,33).
L’attention est attirée sur un grain de sénevé, proverbialement petit et sur le levain proverbialement puissant dans ses effets : le grain de sénevé devient un grand arbuste. Le levain, mêlé à une énorme quantité de farine, fait lever toute la pâte. Quelle puissance est à l’œuvre pour faire pousser la graine ! Quelle énergie dans le levain pour parvenir à un tel résultat !
Dans quel but Jésus invite-t-il à s’émerveiller de ce processus naturel ? La réponse nous est donnée à la fin où deux traits excessifs forcent le tableau. Le grain devient un arbre, « si bien que les oiseaux viennent faire leurs nids dans ses branches ». Or, le grain de sénevé ne donne pas un cèdre !
L’effet produit vient de la superposition de deux plans.
- D’une part, un fait d’expérience évident : constater l’étonnant pouvoir à l’œuvre dans le grain et le levain !
- D’autre part, du fait des métaphores finales, le Royaume est évoqué dans toute sa magnificence.
A un 1er niveau, Jésus fait appel à l’expérience de ses auditeurs, à un second niveau, Il fait part de son expérience de Dieu !
Si bien que la superposition des 2 plans va charger l’expérience religieuse de la force persuasive de l’expérience pratique : le Royaume dans sa splendeur surgira de ces petits commencements, aussi vrai que l’arbre vient de la graine et que la pâte est levée par le levain !
Mais n’oublions pas que tout repose sur l’action de Dieu : c’est par son action que le grain peut être regardé comme une promesse d’arbre et les commencements médiocres comme une promesse du Royaume ! L’attention est ici attirée sur la petitesse des commencements.
La parabole essaie de transmettre une conviction, celle de Jésus : qu’une inébranlable promesse conduit des petits débuts à la splendeur de l’accomplissement. Ainsi la parabole voile autant par ses silences qu’elle révèle par son dire.
En conclusion, parler du Royaume à partir de phénomènes minuscules est un choc voulu de la part de Jésus : le Règne vient, irrésistiblement, mais sa venue se prépare en de petits commencements. Si bien que le destinataire de la parabole, c’est tout homme qui désire comprendre et cela lui est donné.
Sr Gabrielle H., SCR
