Que veux-tu que je fasse pour toi ? (Mc 10,36)

L’évangile du dimanche 27 octobre nous relate la guérison de l’aveugle Bartimée par Jésus. Mais est-il sauvé simplement de sa cécité ?

Demandons-nous de quoi, en fait, Bartimée est-il sauvé…

  • De la non-reconnaissance sociale

« Appelé » (le verbe est employé trois fois), il sort de son statut de marginal et d’exclu : il ose traverser la foule précédemment hostile et vient vers Jésus qui a entendu sa double interpellation (« Fils de David ») et sa double prière (« Aie pitié de moi »). En disant « Appelez-le », Jésus rompt avec le conformisme légaliste qui, selon les codes des chefs religieux juifs, mettait à l’écart personnes malades, handicapées.

  • De l’anonymat
« Rejetant son manteau… » (Berna-Evangile et Peinture)

D’une part, Jésus s’adresse personnellement à lui, « en réponse » aux trois actes posés par Bartimée (rejeter le manteau, bondir, aller vers). D’autre part, Jésus s’enquiert de son désir : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

  • De sa cécité

Bartimée recouvre la vue. Mais, en la recouvrant, il découvre celui qui le guérit : il le voit et le perçoit dans son identité réelle. La guérison lui confirme l’identité du guérisseur. Guéri, Bartimée a la confirmation que Jésus de Nazareth est le Messie annoncé : la guérison est le geste par lequel Jésus signe son identité de Messie, fils de David.

  • De sa position « assise » et passive

Il joue un rôle dans l’aventure de Jésus. En effet, devant l’interpellation publique et répétée de « fils de David », Jésus ne proteste pas et n’impose pas le silence à son interlocuteur. Et cela, à un moment crucial, celui de la montée à Jérusalem et de la marche vers la Passion. Jésus accepte sans le dénier le titre que Bartimée lui donne, celui de descendant de David promis à la royauté sur Israël. Et de fait, Jésus entrera dans Jérusalem acclamé par ces mots : « Béni soit le règne de David notre père ! » (Marc 11, 10-11).
Bartimée est enfin et surtout sauvé, parce qu’il devient ce qu’il n’était pas encore, disciple de Jésus. Lui, qui était « assis le long du chemin », entre à son tour « dans le chemin » qui monte à Jérusalem. Il est avec Jésus et derrière Jésus. Il « suit » Jésus. Autrement dit : il est maintenant disciple à part entière.

Là est le seul salut de l’homme : suivre Jésus. Bartimée est entré dans la voie du salut.

« Bartimée recouvre la vue » (Berna-Evangile et Peinture)

Sr Gabrielle H., SCR, Liffré

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