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L’amour du prochain est-il possible ?

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Les soeurs du Christ Rédempteur

2e partie

Cette page est le 2e volet d’un article de Sr Marie Edith, intitulé : “L’amour de Dieu et du prochain est-il possible ?”

Sr Marie EdithConception philosophique de l’amour du prochain.

Kant affirme : « L’amour pour les hommes est possible (…), mais ne peut faire l’objet d’un ordre ; car il n’est au pouvoir d’aucun homme d’aimer quelqu’un uniquement par ordre » 1. Puis il ajoute en expliquant qu’« aimer son prochain, signifie pratiquer volontiers tous ses devoirs à son égard » 2.

Quels sont donc ces devoirs auxquels tout un chacun est redevable à son prochain ?
Selon Kant, tout homme est redevable à son prochain des devoirs suivants : les devoirs de bienfaisance, de reconnaissance, et de sympathie.

- Tout d’abord le devoir de bienfaisance. À en croire Kant, « Faire preuve de bienfaisance envers d’autres hommes, dans la mesure où nous le pouvons, est un devoir, qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas »3. Par ailleurs, il note que, « celui qui la pratique souvent et dont le dessein bienfaisant obtient d’heureux résultats finit sans nul doute par en venir à aimer effectivement celui auquel il fait du bien. En ce sens lorsqu’on dit : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même », cela ne signifie pas : « Tu dois l’aimer immédiatement (…) et, par l’intermédiaire de cet amour, (…) lui faire du bien », mais au contraire : « Fais du bien à ton prochain, et cette bienfaisance suscitera en toi l’amour des hommes (…) ! »4. Bref, en tant que devoir, la bienfaisance consiste à venir en aide, selon ses moyens, au prochain se trouvant dans la détresse en vue de lui procurer le bonheur sans pour cela espérer quoi que ce soit 5.

-  Geste d'accueilEnsuite en ce qui concerne le devoir de reconnaissance, Kant souligne que « la reconnaissance consiste à honorer une personne à cause d’un bienfait qu’elle nous a prodigué »6. Elle est « une démarche à laquelle je suis immédiatement forcé par la loi morale, c’est-à-dire un devoir »7. Elle est à considérer particulièrement comme « un devoir sacré, c’est-à-dire comme un devoir dont la violation peut (…) anéantir dans son principe même le mobile moral qui pousse à être bienfaisant »8.

- Enfin, le devoir de sympathie qui consiste à « prendre part à ce qu’éprouve autrui (…), [c’est-à-dire à] prendre part à la joie et à la peine d’autrui »9. En définitive il convient de noter que la pratique des devoirs ci-dessus cités doit être accompagnée des sentiments d’amour et de respect10. Et une fois que nous parvenons à accomplir tous ces devoirs à l’endroit de notre prochain, nous contribuons, pour ainsi dire, à son bonheur, et notre amour pour lui devient de plus en plus concret.

Sr Marie Édith de la Croix, SCR, Abidjan

Mains de la compassion et de la tendresse

1 KANT Emmanuel, Critique de la raison pratique, trad. par J. Gibelin, Paris, VRIN, 1965, p. 95
2 Ibid., p. 96
3 KANT Emmanuel, Métaphysique des moeurs II. Doctrine du droit. Doctrine de la vertu, trad. par Alain Renaut, Paris, Flammarion, 1994, p. 246
4 Ibidem, p. 247
5 Ibid., p. 319
6 Ibid., p. 322
8 Ibid., p. 323
9 Ibid., p. 324
10 Ibid., p. 313

-  Début : 1er volet de l’article